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Qui sommes-nous ?

L'Association de la Cause Freudienne-Massif Central est une émanation de l’École de la Cause freudienne (Reconnue d'Utilité Publique). Elle œuvre pour l'étude de la psychanalyse ainsi que ses connexions, tant théoriques que pratiques, avec les disciplines qui lui sont affines.

Déléguée régionale :

Valentine Dechambre

valentine.dechambre@gmail.com

Éditeur du blog : Nadine Farge

Publié par Association de la Cause Freudienne Massif Central

Antenne Bourges-Nevers

L’Antenne de Bourges-Nevers est une des localisations en région de l’Association de la Cause freudienne Massif Central.

Elle a vocation à diffuser les enseignements psychanalytiques au travers de manifestations ouvertes sur la cité et traitant de questions contemporaines. Pour ce faire, l’Antenne de Bourges-Nevers organise des rencontres avec des artistes, un atelier de lecture des textes psychanalytiques.

Responsable de l'antenne : Alain Godineau  

 

Atelier de lecture psychanalytique

Atelier d’étude psychanalytique :

Sur le signifiant « étude »

de l’atelier dans l’antenne de Bourges-Nevers.

 

Le signifiant « étude » a pris sa place dans les « Séminaires d’étude » dans les activités des ACF, propres aux membres de l’ECF. Ce signifiant, depuis déjà plus de dix ans, marque aussi l’activité de « l’atelier d’étude de psychanalyse » de l’Antenne de Bourges - Nevers dans l’ACF en Massif Central. Pourtant aucun des membres de cette antenne n’est membre de l’ECF. Le mode particulier du travail, d’« étude » en atelier de l’Antenne de Bourges-Nevers demande à être explicité.

Son mode de travail en atelier, déjà depuis la création de l’ACF, était celui de la « lecture » des Séminaires de Jacques Lacan. Un à un, l’un après l’autre, leur « lecture » a rythmé le travail de l’atelier pendant une bonne quinzaine d’années.

Une contingence a fait « cesser de ne pas s’écrire [1]», ce mode de lecture en atelier : un membre de l’Antenne de Bourges-Nevers a voulu instituer un « Séminaire de psychanalyse » à partir de son travail originaire en « atelier de lecture ».

Pour rendre compte de la lecture et de l’étude de l’Atelier, je me réfère aux Quatre discours, à ses schémas et aux termes dont il faut tenir présent la configuration avec l’impossibilité ou l’impuissance à passer d’un terme à l’autre.

Lacan, dans son Séminaire, parlait au-delà de ses propres notes manuscrites comme dit Jacques Alain Miller[2] le 19-1-2011 au-delà du savoir acquis par le mode universitaire, en s’adressant aux autres. Il soutenait sa parole en se situant en position d’analysant.

Ainsi, puisque l’analyste est en position d’objet petit a dans son propre discours, il se trouve dans l’impuissance de faire passer la vérité en place de signifiant maître. C’est son garde-fou contre la poussée narcissique. Lire les séminaires c’est lire comment Lacan a mis en avant « l’invention d’un savoir …qui suppose… une adresse à l’autre [3]», à ceux qui l’écoutaient.

Dans un atelier de lecture, on se situe dans le Discours de l’Université : le savoir S2 est dans l’impossibilité de constituer l’objet petit a en tant que déchet : c’est un savoir sans reste… il se suffit à lui-même, soutenu par le signifiant maître S2 sur S1 .Le savoir qui soutient le petit a dans le Discours de l’Analyste est celui que le signifiant-maître est dans l’impossibilité de délivrer : c’est le savoir de l’inconscient, ce savoir même qui soutient l’analyste qui se trouve en position de déchet, d’objet petit a dans son Discours.

L’objet petit a dans l’impossibilité d’être constitué par le savoir – Discours Universitaire –, ne peut pas non plus changer de Discours, venir en place d’agent et donner au savoir une valeur de vérité. Cette dernière position se vérifie dans le Discours Analytique en tant que vérité de l’inconscient. Le savoir de vérité de l’inconscient ne peut pas provenir du savoir universitaire. Aussi un Séminaire psychanalytique ne peut pas découler d’un atelier de lecture.

Participer au « Séminaire psychanalytique » institué par un collègue qui n’était pas membre de l’ECF c’était, pour les autres membres de l’Antenne, participer à un séminaire du savoir.

Marquer, dans la localisation de l’Antenne de Bourges et Nevers, la coupure d’avec le signifiant antérieur d’« Atelier de lecture » écrivait la scission parmi les membres de l’antenne et laissait libre le désir de poursuivre l’étude et la diffusion de la psychanalyse dans le cadre du travail de l’ACF. Ce qui s’est écrit alors a été la marque qui a fait passer l’atelier de lecture à atelier d’étude.

La désignation « Atelier d’étude », venait nommer le mode de travail de l’antenne en évitant la nomination atelier de lecture, ici ambiguë parce qu’il avait dérivé indûment en séminaire psychanalytique.

Atelier d’ « étude »a été suggéré en un éclair interprétatif par Jean-Robert Rabanel. Cette interprétation a permis la séparation d’avec l’atelier de lecture. Elle a entraîné d’autres conséquences : les membres de l’antenne se sont trouvés en position d’avoir à étudier pour éviter la position d’analyste – enseignant qui avait émané de la lecture pour un de ses membres.

Dans le Discours de l’Analyste, Lacan a situé le savoir en position de vérité. L’astudé[4] du Discours de l’Université, au contraire doit se tenir à être visé par l’impératif qui ordonne de toujours plus savoir, il est serf de cet impératif S2 sur S1. Le Sujet barré du Discours Universitaire est impuissant à produire un signifiant de vérité – ici S1 – qui le représente pour un autre signifiant.

Le signifiant « étude » de plus, faisait saisir la portée de l’assignation faite par Lacan à celui qu’il a nommé le « a étudiant », puis, « astudé ». Ce néologisme intègre l’objet petit a à l’astudé auquel « il est impossible de ne pas obéir au commandement[…]-Continue. Marche. Continue à toujours plus savoir [5]» Le participant à l’atelier, et éminemment le responsable, en position de travail, celle d’objet a dans le Discours Universitaire, ne peuvent-t-ils pas être priés – les mots sont de Lacan – de se laisser viser par le savoir et suivre l’impératif de toujours plus savoir ? C’est aussi une des conséquences de l’interprétation reçue lors du passage à l’atelier d’étude.

Les astudés de l’atelier d’étude saisissent que la lecture au regard de l’étude, n’est pas un degré mineur qui aurait besoin de passer au titre supérieur de séminaire. Ils se sentent en plein dans le rôle de toujours avoir à travailler, sans prétendre, par ce travail visant le savoir, passer à l’enseignement dans un « séminaire ».

C’est l’enseignement de Freud et Lacan qui s’étudie, et les astudés situés à la place du travail dans le discours de l’Universitaire font de manière que le savoir ne devienne pas « un désastre » quelque chose pour « faire valoir un monsieur [6]».

Devenant un astudé, le produit du travail en atelier est l’étudiant lui-même, en place de S. Il se trouve dans le vecteur de l’impuissant à porter la production, sa propre subjectivité, en position de vérité (S1). Cette impossibilité est le garde-fou d’un atelier d’étude psychanalytique. Pour atteindre le savoir de vérité – celle de l’inconscient –, il faudrait changer de discours : du Discours Universitaire au Discours de l’Analyste, mais la condition est que le petit a, et pas le savoir, soit en place d’agent, de moteur de l’activité de l’atelier.

 

Nevers le 7 mai 2021 Giuseppe Falchi.

 

 

 

[1] Lacan J., Le Séminaire, livre xx, « Encore », texte établi par J-A Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 132.

[2] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. L’Un-tout-seul », Enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris 8,  Cours du 19 janvier 2011.La Martinière. 2018.

[3]  Ibid.

[4] Lacan J., Le Séminaire, livre xvii, L’Envers de la psychanalyse, texte établi par J-A Miller, Paris, Seuil, 1991, p. 121.

[5]Op cit., p. 120.

[6]Ibid., pp. 121-122.

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